Tout savoir sur le préavis logement : démarches et conseils pratiques

Quitter un logement implique plus que le simple emballage des cartons : la bonne gestion du préavis logement conditionne la trésorerie du locataire, la vacance pour le propriétaire et le risque de contentieux. Dans un marché où la mobilité professionnelle et les variations de l’offre locative s’accentuent, la maîtrise des démarches préavis devient une compétence pratique essentielle. Ce dossier examine les règles, les formes d’envoi légales, les exceptions (zone tendue, perte d’emploi, état de santé, violences), et propose des outils opérationnels pour transformer un départ contraint en une transition maîtrisée. Il met l’accent sur la preuve, la rédaction précise de l’avis de départ, la stratégie pour limiter les retenues sur dépôt de garantie, et la coordination des états des lieux afin de réduire la vacance locative.

  • Vérifier immédiatement la durée applicable : 1 mois ou 3 mois selon le contrat et les exceptions.
  • Envoyer l’avis de départ par LRAR ou acte de commissaire de justice ; conserver la preuve.
  • Préparer justificatifs : contrat de travail, attestation Pôle Emploi, ordonnance de protection, etc.
  • Programmer l’état des lieux en anticipant corrections mineures pour éviter des retenues.
  • Proratiser le loyer au jour près et vérifier la restitution du dépôt sous deux mois si l’état des lieux est conforme.

Définition et principe du préavis logement : cadre légal et mécanismes

Le terme préavis désigne la période pendant laquelle le locataire ou le propriétaire conserve des obligations contractuelles après avoir notifié la fin du contrat de location. Techniquement, le préavis logement représente le délai entre la réception de l’avis de départ et la date effective de libération du logement. En France, la durée de ce délai est souvent de 3 mois pour un logement non meublé et de 1 mois pour un logement meublé (source : service-public.fr, mise à jour 2026). Ces durées constituent des repères, mais elles coexistent avec plusieurs exceptions légales détaillées ci-dessous.

Définition technique : le préavis est un élément de l’exécution du bail. À la première occurrence, il convient de préciser le terme juridique : un préavis réduit est un délai dérogatoire qui dispense de l’application de la règle générale sous condition de justificatifs recevables. La preuve de la condition est essentielle car le point de départ du calcul dépend du mode de notification.

Calcul du point de départ : pour une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), le délai débute le jour de réception par le bailleur ; pour un acte de commissaire de justice, le jour de signification ; pour une remise en main propre, le jour de remise contre émargement. Cette précision apparait banale mais a des conséquences financières directes : une réception décalée de quelques jours peut compenser un loyer supplémentaire ou permettre l’entrée anticipée d’un nouveau locataire.

Chiffre-clé par section : 2 mois est le délai légal maximum pour la restitution du dépôt de garantie si l’état des lieux est conforme (source : service-public.fr, 2026). Cette échéance lie directement le préavis à la trésorerie du locataire et à la capacité du propriétaire à justifier des retenues par devis ou factures.

Exemple pratique : un locataire en bail non meublé envoie un LRAR reçu le 3 juin. Le préavis de 3 mois expirera le 2 septembre (calcul comptable : date de réception + 3 mois). Si la lettre avait été signifiée le 1er juin par huissier, la date de fin serait le 31 août. Une différence de 2 jours peut entraîner un pro-rata du loyer ; la précision fait la différence.

Limite et incertitude : la qualification de « zone tendue » (voir rubrique dédiée) peut faire varier le délai : omission de ce motif dans l’avis de départ prive le locataire du délai réduit d’un mois. De même, la recevabilité des justificatifs (ex. : attestation d’embauche, ordonnance de protection) peut être contestée ; la jurisprudence évolue et il faut s’en tenir aux décisions récentes ou aux recommandations des services publics adoptées en 2026.

Alternative selon le profil : le locataire pressé par une mutation professionnelle peut solliciter le bailleur pour une remise anticipée des clés contre renonciation à une partie du préavis. Cette solution amiable dépend d’un critère de décision objectif : le coût comparé entre payer le préavis complet et une indemnité de libération équivalente à X jours de loyer. Un conseil pratique consiste à chiffrer l’écart et à proposer un remplacement rapide du locataire pour réduire la vacance.

Critère décisionnel : toujours prioriser la preuve écrite. Sans accusé de réception ou acte officiel, la contestation reste facilitée. Insight : la maîtrise du mécanisme et du calendrier du préavis évite des coûts directs et des litiges prolongés.

Durées applicables, exceptions et calcul du délai préavis

La durée du délai préavis est le point de départ de toutes les démarches préavis. Valeur standard : 3 mois pour un logement vide, 1 mois pour un logement meublé. Toutefois, des exceptions légales réduisent le délai à 1 mois dans plusieurs hypothèses : logement en zone tendue (définition : communes où l’offre locative est insuffisante par rapport à la demande, liste actualisée par les préfectures), perte d’emploi, mutation professionnelle, première embauche, attribution d’un logement social, état de santé nécessitant un changement de domicile, ou violences conjugales (source : circulaires et service-public.fr, 2026).

Termes techniques : la notion de zone tendue doit être définie à sa première occurrence : il s’agit d’un périmètre administratif où les mesures de protection des locataires et de réduction de préavis sont applicables. Limite : les listes de communes évoluent régulièrement et il est impératif de vérifier la qualification à la date d’envoi de l’avis de départ.

Règle pratique pour calculer le délai : déterminer la date de réception effective de l’avis de départ (LRAR, acte d’huissier, remise contre émargement). Ensuite, appliquer le délai légal ou l’exception. Si la date de fin tombe au milieu d’un mois, le loyer est proratisé par nombre de jours d’occupation. Exemple chiffré : un loyer mensuel de 900€ pour une sortie le 10 du mois donnera un prorata de 900 * 10/30 = 300€.

Exemple concret : Sophie, citée en ouverture, obtient une première embauche dans une autre ville. Elle envoie un LRAR le 10 juillet, signé reçu le 13 juillet. Le préavis d’un mois court du 13 juillet au 12 août. En joignant son contrat de travail au LRAR, elle empêche la requalification en trois mois. Limite : si le contrat remis indique une date d’embauche différée de plus de trois mois, le bailleur peut contester la bonne foi; la prudence recommande une attestation RH claire.

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Chiffre-clé par section : 1 mois est la durée applicable pour un logement en zone tendue à condition que le locataire mentionne cette situation dans l’avis de départ (source : service-public.fr, 2026).

Décision opérationnelle : joindre le justificatif pertinent dès l’envoi. Une omission textuelle prive le locataire du bénéfice du délai réduit, même si le motif existe. Exemple de piège : un locataire oublie d’indiquer « logement situé en zone tendue » dans sa lettre ; la règle générale de 3 mois s’applique et le coût s’élève de 2 mois de loyer supplémentaires. Alternative si l’omission est constatée rapidement : envoyer un complément signé et réceptionné avant la date de fin souhaitée — mais la validité juridique dépendra de l’appréciation du juge en cas de contestation.

Conseil pratique : maintenir une copie scannée et horodatée de l’avis de départ et des justificatifs ; utiliser la lettre recommandée électronique (LRE) uniquement si le bailleur a expressément accepté ce mode. Insight : le calcul précis du délai repose sur deux axes : preuve de la notification et qualité des justificatifs.

Rédaction et envoi de l’avis de départ : formes valides, modèle et erreurs fréquentes

La lettre de congé est un acte juridique : sa rédaction et son envoi déterminent la date du délai préavis et la recevabilité d’éventuelles demandes de réduction. Mode d’envoi valide : LRAR, acte de commissaire de justice, remise en main propre contre émargement, ou LRE si acceptée par le bailleur. Définition : la LRAR est la lettre recommandée avec accusé de réception ; la LRE est sa version électronique reconnue si le bailleur l’a autorisée.

Contenu impératif d’un avis de départ : identité complète du locataire, adresse exacte du logement, identité du bailleur, date de rédaction, énoncé clair du congé, date de fin de préavis souhaitée, motif et justificatifs si réduction demandée, signature. Exemple de formulation claire : « Par la présente, le locataire donne congé du logement situé au [adresse]. Compte tenu de [motif], le préavis sera d’un mois ; la date de fin souhaitée est le [date]. Vous trouverez ci-joint [justificatif]. »

Modèle et pièges : joindre le justificatif en copie évite des échanges ultérieurs. Une lettre trop générique ou une omission (« zone tendue » non précisée) prive du bénéfice du délai réduit. Astuce administrative : envoyer deux exemplaires signés si remise en main propre et faire émarger les deux ; conserver la copie avec l’émargement comme pièce de preuve. En cas de litige, l’acte de commissaire de justice offre la plus grande sécurité mais coûte plus cher (frais variables selon la zone, compter une centaine d’euros en moyenne en 2026 selon les pratiques locales).

Chiffre-clé par section : coûts moyens d’un acte de commissaire de justice pour signification d’un congé : prévoir environ €80-€150 selon la distance et les tarifs locaux (estimation 2026). Ce coût doit être mis en balance avec le risque d’absence de preuve et la valeur d’un loyer non payé.

Exemple : un locataire en zone tendue envoie un LRAR sans joindre la mention « zone tendue ». Le bailleur applique trois mois de préavis. Le locataire conteste, mais la preuve écrite initiale est insuffisante : la jurisprudence récente (décisions 2024–2025) a tendance à confirmer que l’absence de mention explicite prive le locataire du bénéfice de l’exception. Limite : la jurisprudence n’est pas figée et les tribunaux examinent la bonne foi et les échanges ultérieurs, mais compter sur ces éléments est risqué.

Alternative amiable : négocier avec le bailleur une remise anticipée des clés en échange d’une indemnité équivalente à X jours de loyer. Critère décisionnel : chiffrer la comparaison entre payer le préavis complet et accepter une indemnité ; retenir l’option la moins coûteuse net de vacance locative anticipée.

Liens utiles : pour mieux comprendre les droits et obligations entre bailleur et locataire, consulter un panorama des droits et responsabilités du propriétaire. Pour des ressources sur la gestion patrimoniale liées aux parts sociales et intérêts, se référer à une synthèse sur les avantages des parts sociales.

Cas particuliers : couples, PACS, concubinage, violences et impact sur le congé logement

Le statut familial modifie la responsabilité liée au préavis logement. Trois situations courantes : mariés, pacsés et concubins. Règle générale : la signature au bail détermine la titularité et la capacité à donner congé. Si les deux titulaires ont signé, le congé conjoint est requis pour libérer totalement les engagements. Sinon, le signataire unique reste potentiellement solidairement responsable.

Définition : la solidarité contractuelle est la clause par laquelle plusieurs personnes s’engagent chacune pour la totalité des obligations. Dans un contrat de location, elle permet au bailleur de réclamer l’intégralité des loyers à l’un ou l’autre des signataires. Limite : la solidarité peut être limitée par une décision judiciaire ou par un accord entre parties.

Violences conjugales : la victime peut bénéficier d’un préavis réduit d’un mois en joignant une ordonnance de protection ou une condamnation pénale récente. La protection vise à éviter que la victime supporte les dettes contractées par l’autre après la notification du congé. Exigence pratique : l’ordonnance doit être présentée en copie jointe à l’avis de départ. Chiffre-clé : une ordonnance de protection émise récemment (moins de 6 mois) facilite la réduction du préavis (pratique constatée dans la jurisprudence et les recommandations des services en 2026).

Exemples illustratifs :

  • Cas A : Lucie et Thomas, mariés, veulent se séparer. Lucie donne congé seule ; Thomas reste et conserve le bail. Lucie demeure solidairement redevable jusqu’à ce que la situation contractuelle évolue (transcription du divorce, changement de nom au bail, ou décision judiciaire).
  • Cas B : Un partenaire pacsé victime de violences obtient une ordonnance. Il envoie un LRAR avec la pièce jointe et bénéficie d’un préavis d’un mois ; les impayés commis par le partenaire violent après la réception du congé ne sont pas imputables à la victime.
  • Cas C : Concubinage avec clause de solidarité dans le bail. Un départ unilatéral peut laisser le colocataire restant en position délicate ; la solidarité contractuelle peut maintenir la responsabilité pendant 6 mois ou jusqu’à la substitution d’un nouveau locataire.
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Limite et incertitude : la preuve des violences et la rigidité des décisions judiciaires peuvent varier selon les juridictions ; il est prudent de solliciter conseil et d’anticiper la formalisation rapide des documents judiciaires. Alternative : recours à une assistante sociale ou une association spécialisée pour accélérer la protection et l’obtention d’attestations utiles au dossier.

Critère de décision : en situation de séparation, comparer le coût potentiel du maintien de la solidarité avec la rapidité d’une procédure de sortie (transaction amiable, cession de bail, substitution de locataire). Exemple chiffré : une solidarité non levée peut représenter jusqu’à 100% des loyers restant dus sur la période si le co-titulaire refuse de payer ; évaluer l’impact sur la trésorerie et agir en conséquence.

Conseil pratique : en cas de violences, prioriser la sécurité, envoyer l’avis de départ en LRAR accompagné de l’ordonnance, et solliciter l’aide d’un avocat ou d’une association pour accompagner la procédure. Insight : dans ces situations, la preuve et la rapidité sont des protections aussi efficaces que les dispositions légales elles-mêmes.

État des lieux, dépôt de garantie, vente du logement : risques, coûts et bonnes pratiques

L’issue financière d’un préavis dépend en grande partie de l’état des lieux de sortie et du traitement du dépôt de garantie. Définition : le dépôt de garantie est une somme versée par le locataire à l’entrée, destinée à couvrir d’éventuelles réparations ou impayés. Règle clé : si l’état des lieux de sortie est conforme à l’état d’entrée, le bailleur doit restituer le dépôt de garantie dans un délai maximal de 2 mois (source : service-public.fr, 2026). Si des réparations s’imposent, le bailleur ne peut retenir que le montant justifié par devis et factures.

Calcul d’une retenue : fournir un exemple chiffré rend la démarche transparente. Hypothèses : dépôt de garantie = 900€, frais de remise en état estimés = 300€ (facture du peintre = 250€, fournitures = 50€). Retenue possible = 300€. Restitution = 900 – 300 = 600€. Limite : le bailleur dispose de trois ans pour réclamer des sommes liées à des impayés ; les retenues injustifiées peuvent être contestées devant le juge des contentieux de la protection.

Pièges fréquents :

  • Tenter de compenser loyers impayés avec le dépôt sans justificatifs : conséquence = contestation et obligation de rembourser avec intérêts.
  • Ne pas réaliser d’état des lieux contradictoire : conséquence = présomption favorable au bailleur ou au locataire selon la situation (risque élevé de retenues).
  • Oublier de proratiser le dernier loyer : conséquence = payer un mois plein alors que l’occupation n’a duré qu’une partie.

Vente du logement et droit de préemption : si le bailleur met le bien en vente, le locataire peut bénéficier d’un droit de préemption ou d’informations particulières (congé pour vente : notification six mois avant la fin du bail, obligation d’indiquer le prix). Exemple pratique : un propriétaire notifie la mise en vente par LRAR ; le locataire dispose d’un délai pour se positionner, avec une transparence sur le prix qui évite des contestations ultérieures. Limite : la mise en vente ne permet pas au propriétaire d’échapper aux règles de préavis en cours ; il faut respecter le calendrier légal.

Checklist pour limiter les retenues :

  1. Programmer l’état des lieux au moins deux semaines avant la fin du préavis pour corriger les points mineurs.
  2. Rassembler factures et preuves d’entretien (chaudière, réparations, diagnostics).
  3. Prendre des photos horodatées à l’entrée et à la sortie.
  4. Conserver l’accusé de réception de l’avis de départ et les justificatifs envoyés.

Chiffre-clé par section : la plupart des litiges de restitution de dépôt portent sur des montants inférieurs à €1 000, mais peuvent générer des frais de procédure supérieurs à ces sommes (statistiques associatives 2025-2026). Limite : même de petites sommes peuvent entraîner des procédures longues ; la prévention est donc financièrement préférable.

Alternative pour gérer la restitution : recourir à une médiation locative ou saisir le juge des contentieux de la protection si les échanges échouent. Critère décisionnel : évaluer le coût d’une procédure judiciaire vs. le montant en jeu. Insight : un état des lieux méticuleux et des preuves documentées sont les meilleurs garants d’une restitution rapide et intégrale du dépôt.

Méthode et étapes : checklist actionnable pour une résiliation de bail sans litige

Transformer un départ en opération maîtrisée repose sur une méthode séquencée. Trois grandes étapes opérationnelles (résumées en ouverture) se déclinent en actions pratiques. Étape 1 : vérifier la durée applicable et constituer les justificatifs. Étape 2 : rédiger et envoyer l’avis de départ selon les formes légales. Étape 3 : organiser l’état des lieux, la remise des clés et la gestion du dépôt. Chacune de ces étapes implique des documents et des délais précis.

Checklist détaillée (ordre et détails) :

  • Identifier le type de bail (meublé / non meublé), vérifier la mention de solidarité éventuelle dans le contrat.
  • Vérifier si le logement est en zone tendue (consultation de la préfecture ou du site officiel).
  • Rassembler justificatifs selon le motif (contrat de travail, attestation Pôle Emploi, ordonnance, notification d’attribution).
  • Rédiger l’avis de départ avec la mention explicite du motif si réduction demandée ; joindre les justificatifs.
  • Envoyer par LRAR, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre émargement (conserver preuve).
  • Planifier l’état des lieux de sortie en présence du bailleur ou d’un représentant ; corriger les points mineurs avant la date effective.
  • Vérifier la proratisation du dernier loyer et la date de remise des clés.
  • Demander la restitution du dépôt de garantie et préparer les preuves contredisant des retenues abusives.

Exemple temporel pour un départ planifié : le locataire informe le bailleur 2 mois avant (pour un bail non meublé malgré le préavis de 3 mois) en espérant une négociation. Plan : J-60 préparer justificatifs ; J-45 envoi LRAR ; J-30 état des lieux et réparations mineures ; J-3 nettoyage ; J-1 remise des clés. Limite : une négociation amiable suppose l’accord du bailleur ; en cas de refus, le calendrier légal s’applique.

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Chiffre-clé par section : la vacance locative moyenne en milieu urbain s’évalue souvent à 1,5 mois en 2025–2026 selon les observatoires locaux. Décision : chiffrer l’impact d’une vacance sur la trésorerie avant d’accepter une remise anticipée des clés contre indemnité.

Conseil pratique : anticiper la mise en location (photographies, annonce, état des lieux d’entrée du nouveau locataire) pour réduire la vacance. Alternative pour les propriétaires : recourir à une agence pour accélérer la relocation ; critère décisionnel = honoraires vs. réduction du temps sans loyer. Insight : la meilleure action est celle qui combine preuve juridique et anticipation commerciale.

Exemple chiffré et simulation : calcul du coût réel d’un départ avec préavis

Un exemple chiffré permet d’illustrer la combinaison des éléments précédents. Hypothèses :

  • Loyer mensuel hors charges : 900€.
  • Dépôt de garantie : 900€.
  • Logement non meublé en zone non tendue (préavis 3 mois) ; le locataire revendique erreur et souhaite bénéficier d’un préavis d’un mois mais n’a pas joint de justificatif.
  • Vacance locative estimée : 1,5 mois (moyenne locale), coût pour le propriétaire.

Scénario A — absence de preuve, préavis appliqué = 3 mois :

  • Période due par le locataire : 3 mois × 900€ = 2 700€.
  • Dernier mois proratisé si sortie en milieu de mois (ex : sortie le 10 du mois) : exemple de prorata = 900 × 10/30 = 300€ (ajustement déjà inclus si applicable).
  • Retenue potentielle sur dépôt : supposons 300€ pour réparations ; restitution = 600€.
  • Coût net pour le locataire (outflow) = loyers dus 2 700€ – restitution du dépôt 600€ = 2 100€ plus frais de déménagement, etc.

Scénario B — préavis réduit d’un mois obtenu (justificatif fourni) :

  • Période due : 1 mois × 900€ = 900€.
  • Retenue sur dépôt identique 300€ ; restitution = 600€.
  • Coût net pour le locataire = 900€ – 600€ = 300€ plus frais annexes.

Analyse : la fourniture d’un justificatif économise ici 1 800€ sur les loyers dus. Limite de la simulation : elle ne tient pas compte d’un éventuel nouveau locataire occupant le logement avant la fin du préavis ; dans ce cas, le locataire sortant peut être déchargé de son obligation si un bail signé le remplace. Alternative pour le propriétaire : accepter une indemnité moindre pour libération anticipée si cela réduit la vacance estimée à 1,5 mois (900€ × 1,5 = 1 350€ coût de vacance) ; il peut être plus rentable d’accepter 1 000€ d’indemnité.

Tableau comparatif synthétique :

Scénario Durée préavis Coût locataire (loyers) Retenue dépôt Coût net estimé
Sans justificatif 3 mois 2 700€ 300€ 2 100€
Avec justificatif (zone tendue / embauche) 1 mois 900€ 300€ 300€
Accord amiable (indemnité) libération anticipée 1 000€ (indemnité) 300€ 700€

Critère décisionnel : pour un locataire, toujours comparer la charge nette entre respecter le préavis et fournir les justificatifs valables ; pour le propriétaire, comparer la perte due à la vacance et le montant d’une indemnité de libération. Insight : un document manquant peut coûter plusieurs mois de loyers ; un geste administratif simple (joindre le justificatif) change radicalement l’équation financière.

Inconvénients, risques et pièges à éviter lors de la résiliation bail

La résiliation d’un bail comporte des risques clairs qu’il convient d’énoncer et d’anticiper. Risque 1 : coût financier par préavis non maîtrisé — conséquence : paiement de loyers supplémentaires. Risque 2 : retenues abusives sur dépôt de garantie — conséquence : contentieux et frais de procédure. Risque 3 : erreurs formelles dans l’avis (absence de motif, omission de la zone tendue) — conséquence : perte d’un délai réduit. Limite : la charge de la preuve pèse souvent sur le locataire pour les motifs exceptionnels ; il doit donc produire des pièces recevables.

Pièges à éviter (encart) :

  • Sous-estimer l’importance de la preuve : envoyer l’avis de départ sans justificatif annule souvent le bénéfice du délai réduit.
  • Omettre la mention « zone tendue » si applicable : conséquence = application d’un préavis de 3 mois au lieu d’1.
  • Négliger l’état des lieux d’entrée : sans document initial précis, les contestations sur la dégradation sont renforcées.
  • Utiliser un simple email pour donner congé : non valable juridiquement dans la plupart des cas.
  • Tenter de compenser impayés par le dépôt sans factures : risques juridiques et pénalités.

Conseils pratiques finaux :

  • Préparer un dossier numérique complet (scans horodatés) et deux exemplaires papier.
  • Conserver toutes les preuves d’envoi et d’accusé de réception ; privilégier la LRAR.
  • Anticiper la relocation (annonce, photos, visite) pour diminuer la vacance.
  • Considérer une médiation locative avant d’engager une procédure judiciaire coûteuse.

Chiffre-clé par section : la plupart des litiges locatifs se règlent par accord amiable lorsque les preuves sont claires ; la médiation permet souvent d’éviter des frais judiciaires supérieurs à €500 (observation pratique 2025–2026). Alternative : saisir le juge si la médiation échoue, mais évaluer le rapport coût/bénéfice.

Clause de non-conseil : Les informations présentes sont à caractère informatif et ne constituent pas un conseil juridique ou financier personnalisé. Vérifiez votre situation personnelle avec un professionnel compétent (avocat, notaire, expert-comptable ou conseiller juridique).

Quel délai s’applique si le logement est en zone tendue ?

Le délai est réduit à 1 mois si le logement est situé en zone tendue. Il faut l’indiquer dans l’avis de départ et joindre la preuve de la situation. Si ce n’est pas indiqué, le délai standard de 3 mois s’applique.

Peut-on envoyer un préavis par email ?

Non : un simple email n’est généralement pas une voie valide. Utilisez la LRAR, un acte de commissaire de justice, la remise en main propre contre émargement, ou une lettre recommandée électronique si le bailleur a accepté ce mode.

Que faire en cas de violences dans le couple ?

La victime peut donner congé avec un préavis d’un mois en joignant une ordonnance de protection ou une condamnation pénale récente. Les impayés commis par l’auteur des violences après la réception du congé ne sont pas imputables à la victime.

Comment obtenir la restitution rapide du dépôt de garantie ?

Fournissez un état des lieux contradictoire conforme, corrigez les points mineurs avant la sortie, joignez factures et preuves si le bailleur propose des retenues. Si l’état des lieux est conforme, le dépôt doit être restitué sous deux mois.

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